DU LOURD ET DU PIQUANT
Les Rencontres d’Arles 2010 proposent six promenades : une argentine, une rock, une argentique, une avec les amis de la Fondation LUMA, une en forme de passage de témoin, et une autre autour des prisons françaises.
La 41e édition bénéficie de l’expertise d’une vingtaine de commissaires qui sont responsables de grandes institutions internationales, directeurs artistiques ou collectionneurs.
Chaque promenade débute par des invités d’honneur ou une exposition emblématique.
Promenade Argentine Le grand artiste plasticien León Ferrari est l’invité d’honneur des Rencontres d’Arles. La Biennale de Venise lui a décerné le Lion d’Or de l’artiste étranger en 2007 et, après une exposition au musée d’Art moderne de New York et au Reina Sofía de Madrid, son œuvre est présentée pour la première fois en France aux Rencontres. Ses détournements de photographies ou de cartes postales sont le prétexte pour cette rétrospective. Installée dans la chapelle Sainte-Anne par le commissaire argentin Andrés Duprat, l’exposition regroupe installations, dessins, sculptures qui expriment son anticléricalisme, et sa défiance vis-à-vis des dictatures.
Entre la difficile et douloureuse traduction de l’histoire récente et la recherche d’une identité « latino », la photographie argentine contemporaine est représentée par cinq autres artistes au pavillon des Forges du Parc des Ateliers : Leandro Berra, Marcos Adandia, Gabriel Valansi, Marcos López et Sebastiano Mauri, et dans d’autres promenades : Oscar Bony et Augusto Ferrari (Argentique), David Lamelas (Rock).
Promenade Rock Les Rencontres d’Arles avaient invité en 1986, à l’initiative d’Alain Dister, tous les photographes couvrant la scène rock mondiale. Ce programme Rock et Photo avait marqué un tournant des Rencontres. L’intérêt que l’on porte à la photographie aujourd’hui est plus complexe qu’un seul catalogue de photographes fans. Nous avons voulu évoquer cette relation entre le rock et la photographie, à travers :
- Mick Jagger, l’artiste le plus photographié qui a accepté que les Rencontres créent la première exposition retraçant sa carrière à travers l’œil des plus grands portraitistes. - I am a Cliché, échos de l’esthétique punk, l’influence de la musique punk rock sur la création photo et vidéo des années 1960 à aujourd’hui à travers les œuvres d’une vingtaine d’artistes choisis par Emma Lavigne, conservatrice pour l’art contemporain au Centre Pompidou. - Une rétrospective des quarante ans de portraits du spécialiste français de la pop et du rock, Claude Gassian, sous forme d’une exposition et d’une soirée. - Le photographe Jean Pigozzi qui a réserve pour Arles l’exclusivité de quarante ans de clichés au cœur de la jet-set dont il partage la vie de fête et de voyages. À cette occasion, une soirée au Théâtre Antique, réalisée par Jean-Jacques Naudet, est consacrée aux photographes mondains.
Promenade Argentique La montée en puissance du numérique a entraîné la disparition de certains films et procédés. Les Rencontres d’Arles 2010 ont décidé de donner un coup de projecteur sur les conséquences esthétiques de ces changements technologiques.
L’Autrichien Ernst Haas, injustement méconnu, premier photographe à tirer son talent des merveilleuses possibilités du film Kodachrome, est présenté avec une sélection de son travail couleur par William Ewing, ancien directeur du musée de l’Élysée à Lausanne.
Le tir photographique forain : étonnants autoportraits derrière un fusil réalisés par des anonymes et des célébrités sur les stands de tir des fêtes foraines du milieu du xxe siècle, et sa réappropriation singulière par des artistes contemporains. Shoot ! La photographie existentielle est une exposition réalisée par Clément Chéroux, conservateur pour la photographie au Centre Pompidou avec la participation du collectionneur Erik Kessels.
Au palais de l’Archevêché, François Cheval, le directeur du musée Nicéphore-Niépce de Chalon-sur-Saône, a carte blanche pour montrer par des créations inédites des outils multimédias expliquant des pratiques photographiques du passé.
La collection Polaroid court le danger d’être dispersée, seule collection qui accompagne toute l’histoire d’une pratique, Edwin H. Land en ayant eu l’initiative dès la commercialisation de son procédé en 1947. William Ewing en présente une sélection à l’Espace Van Gogh.
Le photomontage à l’ancienne, colle et ciseaux, est remplacé par les palettes graphiques. L’artiste chinois Zhang Dali montre ce qui se faisait en Chine à des fins politiques dans les années 1950 à 1970 : des dizaines de trucages photographiques et leurs documents originaux retrouvés et décryptés grâce à cinq ans de recherche.
Les dernières chambres noires à travers le monde ont été photographiées avec poésie par le Québécois Michel Campeau.
Pour symboliquement confirmer les intentions du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, de décentraliser à Arles une partie du patrimoine photographique de l’État, Anne de Mondenard propose une sélection d’autoportraits issus des collections nationales.
Dans la salle des Tapisseries du cloître Saint-Trophime sont présentés les touchants clichés de l’Argentin Augusto Ferrari, le père de León, photographies préparatoires à la réalisation de fresques peintes dans l’église San Miguel à Buenos Aires.
Divers lieux Arles - France
Jusqu'au 19 septembre 2010 |